La sécurité débute par la connaissance. Plusieurs facteurs relatifs à l’environnement maritime et des grands plans d’eau viennent compliquer la pratique du kayak de mer. Ces caractéristiques posent des difficultés qu’il faut connaître, identifier et surtout, apprendre à prévoir afin d’éviter les risques d’accidents. Voici les principales :
La topographie des côtes
La forme et le relief du rivage influencent les capacités de mise à l’eau et d’accostage. Parfois, la côte n’est constituée que de falaises inaccessibles et interdit toute possibilité de mettre pied à terre. D’autres fois, la marée basse laisse de vastes étendues boueuses dans lesquelles il est désagréable de patauger avant de mettre à l’eau.
Les îles, les caps, les baies ainsi que les fjords, peuvent compliquer l’orientation, autant en mer que sur les grands lacs. Il vaut mieux avoir la bonne carte sous la main.
Le milieu marin
- L’eau froide : la température de 8°C est un seuil critique. Entre 8 et 15°C, la baignade n’est pas très agréable mais peut être tolérée. Sous les 8°C, un bain forcé peut provoquer l’hypothermie en quelques minutes et en bas de 5°C, le risque est majeur pour la survie.
- La marée et le courant : le courant est invisible mais a un effet important sur le kayak. En mer, le courant change de direction avec les marées. Il peut retarder votre progression ou vous entraîner très loin de votre itinéraire. L’amplitude des marées peut parfois dépasser les 6 mètres et plus. Mais attention, dans certaines régions, des marées de moins de 1 mètre peuvent créer des courants fort dangereux. Considérant qu’un kayakiste récréatif peut maintenir en moyenne une vitesse de 2 à 3 noeuds* (3,5 à 5,5 km/h), un courant de 1 à 4 noeuds est considéré comme moyen ; audessus de 4 noeuds, il s’agit de courant important.
- Le vent : certaines régions ont des vents dominants et réguliers aisément prévisibles. Le vent a un effet de dérive similaire au courant et peut aussi abaisser rapidement la température ambiante. Les coups de vent soudains provoquent de fortes vagues, parfois déferlantes, et peuvent vous faire dériver très loin des berges. Environnement Canada utilise des termes spécialisés pour décrire la force du vent dans ses prévisions météorologiques : vent léger, moins de 15 noeuds (28 km/h) ; modéré, de 15 à 19 noeuds (28 à 35 km/h) ; fort, de 20 à 33 noeuds (35 à 60 km/h). Un avertissement de vent fort aux petites embarcations est diffusé en cas de vents soutenus d’une vitesse de 20 à 33 noeuds. Pour le kayak de mer, les experts disent qu’un vent léger est inférieur à 15 km/h ; modéré, moins de 25 km/h ; fort, plus de 25 km/h. Il faut donc interpréter les prévisions météorologiques en fonction de son embarcation.
- Le fetch : désigne la distance sans obstacle sur laquelle le vent peut accélérer, favorisant la formation de vagues. Plus cette étendue est grande, plus fort sera le vent.
La circulation maritime
- Cargos, bateaux de pêche et autres plaisanciers : le trafic peut être intense sur les grandes voies navigables ou le long de certaines côtes. Les cargos qui y circulent doivent respecter un chenal précis. Leur capacité de manoeuvre pour vous éviter est nulle ; c’est donc à vous de changer de route. L’équipage de ces gros bateaux ne vous détecte pas sur son radar, ne vous voit qu’à deux milles marins par temps clair et vous perd de vue si vous êtes à moins d’un demi-mille marin devant lui.
- Connaissez vos droits et obligations comme plaisancier et respectez les règlements de navigation afin d’éviter les abordages (collisions). Assurez-vous d’être bien vu ou entendu. À cet effet, la couleur de votre embarcation et de votre VFI peut jouer un rôle important. Le jaune, l’orange, le rouge sont les couleurs les plus voyantes sur l’eau. Les appareils de signalisation doivent toujours être accessibles.
Le milieu humain
Une région habitée signifie qu’il sera un peu plus facile d’obtenir du secours et de déclencher, au besoin, des procédures de recherche et de sauvetage. Pour le Québec et l’Atlantique, toute la zone située au-dessus du 51e parallèle est désignée comme globalement éloignée de toutes ressources.
- L’environnement naturel dans lequel se déroule une excursion ne doit pas être pris à la légère. Les conditions de camping, la présence d’animaux, le terrain accidenté et l’éloignement sont autant d’éléments susceptibles de faire prendre des dimensions catastrophiques à un incident banal.
- Capacité et fiabilité des moyens de communication : vérifier quel moyen de communication est le plus adapté à la région visitée. Ne pas oublier que les téléphones cellulaires sont loin de bien fonctionner partout.
Les conditions météorologiques
Les conditions météo sur un plan d’eau sont souvent très différentes et habituellement plus difficiles que celles rencontrées à terre. Assurez-vous de bien les connaître et les comprendre, et préparez-vous au pire.
- Les orages n’épargnent pas les plans d’eau. Un grain soudain peut déchaîner les eaux en quelques minutes. La foudre, si elle touche un plan d’eau, fait toujours contact avec l’élément le plus élevé. Ne soyez pas en eau libre quand l’orage menace. Le brouillard se dissipe habituellement vite sur les lacs, mais il arrive soudainement et peut durer plusieurs jours en zone maritime.
La prévention demeure toujours votre alliée la plus sûre. Les kayakistes qui désirent faire des sorties de plusieurs jours doivent maîtriser les notions liées à la météorologie, à la navigation, aux communications radio et aux procédures d'urgence. À cela doivent s'ajouter de solides connaissances en matière d'orientation.
Partez toujours un minimum de deux embarcations à la fois et laissez une copie de votre plan de route à une personne sûre. Passé un certain délai, cette personne déclenchera les procédures de recherche si vous n’avez pas donné signe de vie.
Lors de la planification de votre itinéraire, tenez compte des difficultés et assurez-vous d’avoir la compétence et le matériel nécessaires pour y faire face.
Dernière modification: 2020-10-02 à 16:27
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